Patron de gauche

Essai pour une économie de gauche

bzh_gdOUI, la Bretagne souffre plus que les autres régions françaises en raison de son éloignement géographique … Quand nous entreprenons, l’effort de développement pour une entreprise du Finistère est plus important en raison des distances, car il faut aller chercher le client plus loin. Et si nous choisissons de nous développer localement, le marché se sature très vite.

OUI, l’écotaxe est une forme d’imposition qui ne dit pas son nom et qui dans le contexte actuel ne peut créer que de l’incompréhension parmi ceux qui perdent ou sont entrain de perdre leur travail.

OUI, les charges qui pèsent sur les entreprises augmentent depuis au moins 15 ans, date à laquelle j’ai créé mon entreprise. La conjonction de la baisse des accès aux marchés publics, la concurrence exacerbée due à la crise, la nervosité ambiante réduisent de jour en jour nos marges de manœuvres surtout pour le TPEs.

MAIS, même si je peux être solidaire avec les salariés victimes des plans sociaux des grandes entreprises agro-alimentaires du Finistère et avec les éleveurs ou agriculteurs touchés par la crise, je n’arrive pas à comprendre comment ces derniers peuvent manifester avec ceux qui les ont mis à la porte, ou rendus dépendants en les forçant à investir lourdement dans leurs exploitations. Quelle est cette convergence d’intérêts qui ne dit pas son nom ? Il n’y en a pas : les intérêts des grands patrons de l’agro-alimentaire ne seront jamais les mêmes que les intérêts des salariés a fortiori non qualifiés. Ces dirigeants sont devenus des financiers malgré les coopératives qu’ils ont fondées.

Pourquoi ne pas soulever la responsabilité de ceux qui n’ont pas su innover et anticiper pour moderniser la filière agro-alimentaire qui faisait la fierté du modèle breton ? Encore eut-il fallut que ces dirigeants acceptent aussi une certaine responsabilité sociétale. Quand on emploie 2 000 personnes, on ne peut pas se poser cette question fondamentale, même si la conjoncture peut obliger à des restructurations. Là encore, comment ne pas être en colère de voir que la plupart des salariés victimes des licenciements n’ont pas ou peu bénéficié de formations adéquates leur permettant d’être employable dans d’autres secteurs. Il faut pas se tromper de bouc émissaire.

Il est aussi temps également pour certaines collectivités territoriales ne plus s’endormir sur les acquis de ce fameux modèle breton. Il semble qu’elles aient manqué d’anticipation et de vision alors que l’économie est un concept dynamique en perpétuel évolution et remis en cause. Une fois la crise de confiance installée, il sera très difficile de remonter la pente et être audible.

Je sais bien que l’écotaxe aurait du être une mesure incitative plutôt qu’une imposition supplémentaire. Je rappelle que cette mesure est une disposition voulue par le précédent gouvernement dans le cadre du Grenelle de l’environnement en 2009. L’idée d’une fiscalité écologique aurait pu être une bonne idée mais on ne peut que constater que les moyens pour atteindre ces objectifs n’ont jamais été mis en place (voir le ferroutage) ou ne tiennent pas compte des contraintes de l’aménagement du territoire≤.

AUJOURD’HUI, il faut trouver des solutions et ne pas se lamenter et attendre que le système s’effondre car nous vivons le vrai changement de siècle; celui qui nous voit passer d’une société à une autre. Compte tenu de la mondialisation actuelle, des moyens d’échanges, de la modification des grands équilibres planétaires, des équilibres écologiques, mais aussi des besoins actuels des consommateurs et usagers, nous devons repenser les formes d’approvisionnement et de distribution locale et mondiale.

Nous avons vu 150% de PIB passer de l’économie de production à la finance en 30 ans. Notre fiscalité, notre organisation territoriale, n’ont pas changé en 30 ans. Qu’est ce qu’on attend ? Si la désespérance prend le dessus sur les projets futurs, il faut craindre la pire.

Si la BRETAGNE est la première à manifester le mal-être général, elle doit devenir un nouveau territoire d’expérimentation économique pour de nouvelles formes d’économie locale solidaire, coopérative, collaborative pour donner l’espoir en une nouvelle vie et permettre de nouvelles formes d’entrepreneuriat.

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