Patron de gauche

Essai pour une économie de gauche

Le premier tour des primaires pour lequel j’ai été Président d’un bureau de vote, s’est achevé par un succès populaire, traduisant le besoin de changement d’une partie de la population, et c’est de bonne augure pour la suite.

J’ai refusé de prendre parti pour l’un ou l’autre des candidats pour mieux écouter les propositions et éviter les polémiques d’après primaires. La seule chose importante pour moi, c’est la victoire de la gauche en 2012. Ce premier tour étant achevé, j’ai donc quelques questions à vous poser.

Le débat du second tour a évoqué un certains nombres de sujets d’actualités tournant essentiellement sur la crise financière, la réforme de la fiscalité et le rôle de l’Europe, le type de présidence. Très bien … et quid des entreprises ?

••• Premier point : Je souhaite vous rappeler qu’il y a en France, 3 432 089 d’entreprises (Source INSEE au 1er Janvier 2010), dont 65% sont des entreprises individuelles sans salariés et 28% sont des entreprises de moins 10 salariés (comme la mienne), soit 93% d’entreprises de 0 à 9 salariés … représentant environ 11 millions d’emplois salariés et non salariés.

••• Deuxième point : J’ai tendance à penser que beaucoup des chefs d’entreprises de ces petites entreprises (TPE) sont de gauche ou du centre. Je n’ai pas d’estimation précise, je me fie aux discussions que j’ai avec mes collègues. Et en l’absence d’un syndicat patronal de gauche, il est difficile de se compter … (À ce propos : est ce que l’idée de monter un syndicat intéresserait certains d’entre vous ?)

••• Troisième point : Qu’on le veuille ou non, nous consacrons au moins 7h/jour à travailler, à produire des biens et des services, et cette activité génère un salaire ou une rémunération pour chacun d’entre nous, et une richesse non négligeable pour le pays à travers la redistribution par l’impôt ou les cotisations sociales.

Sachant qu’au moins 1/3 des emplois de ce pays sont dans les TPEs, que la richesse (PIB) de la France repose sur le travail de tous les salariés de ce pays, n’est-il pas urgent de se pencher sérieusement sur le développement des entreprises ?

On dit que la faiblesse de l’économie de la France vient de son manque de PMEs, contrairement à l’Allemagne. Ne peut-on utiliser  le réseau de TPEs de la France comme un atout ? En d’autres termes, faisons d’une faiblesse, une force. Imaginez que l’on permette à 1 million d’entreprises d’embaucher 1 salarié … Le travail ne manque pas, nos impératifs de rentabilité  nous empêchent de recruter.

Martine, François, permettez nous d’exister, de nous développer et de recruter de nouveaux collaborateurs en réduisant certaines de nos charges financières ou administratives. Quand nous serons (pour ceux qui le veulent), des PME ou de grandes entreprises, nous accepterons volontiers de contribuer largement à la richesse régionale ou nationale. La taille de l’entreprise est un facteur important dans nos marges de manœuvre; plus l’entreprise est petite et moins elle peut dégager du temps pour se développer. A contrario, une grande entreprise, avec son assise structurelle et financière peut se permettre de recruter des collaborateurs pour une tâche précise. Le développement d’une entreprise en fonction de sa taille n’est pas linéaire.

••• Autre point : d’accord pour relancer le marché intérieur pour garder nos entreprises, et d’accord aussi pour plus d’Europe. Nous avons besoin de l’Europe, parce que l’idée de l’Europe est en soit fantastique, et du Monde pour exporter, mais si nos entreprises ne sont pas de taille à aborder le marché européen, la balance commerciale restera déficitaire …

Martine, François, nous avons besoin d’un chef d’état qui s’occupe de social, de culture, d’éducation et de justice … mais rien ne sera finançable sans les entreprises et le travail de leurs salariés. Merci d’y penser … et bon courage pour dimanche.

Guy MORDRET, Patron de Gauche

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