Patron de gauche

Essai pour une économie de gauche

 

 

Ce blog se veut un récit et une analyse; le récit d’une expérience de treize ans dans la peau d’un créateur d’entreprise, devenu en « grandissant » un chef d’entreprise. Je voulais relater cette expérience d’une vie à fleur de peau, à la fois choisie et non désirée, imposée et acceptée, riche et tourmentée, grisante et humiliante, euphorie et enfer, tout à la fois.

Treize ans, c’est peu au regard d’une vie, au regard même de la vie d’une entreprise, mais c’est une éternité de patience et d’abnégation pour un créateur d’entreprise. Je l’ai vécu de cette manière, néanmoins je ne vais pas pleurer sur mon sort.

Mon expérience est évidemment unique, et n’apporterait rien si ce n’est la mise en lumière de ressemblances troublantes dans les parcours de création et surtout dans les similitudes d’obstacles et de difficultés rencontrées par d’autres créateurs.

Mon expérience commence par une nécessité, sortir du chômage et continue par un impératif : prévenir la chute ou la liquidation judiciaire. Toutes les créations d’entreprise ne répondent pas à cet impératif ; il serait dangereux d’en faire une généralité. Mais tout réside dans ce mot : la difficulté, ce « parcours du combattant » si souvent mentionné quand on parle de création d’entreprise. Ces difficultés, d’origine ô combien humaine, vous empoisonnent inutilement la vie, votre vie de créateur, puis de chef d’entreprise. Or la création d’entreprise pourrait faire l’objet d’un enthousiasme au moins créatif, si certains événements voire certains personnages ne lui pourrissaient pas le décollage. Il ne faut pas s’étonner, alors de la mauvaise presse qu’a la création d’entreprise dans la société et l’opinion française.

Création d'entrepriseSi seulement, ce récit de création d’entreprise pouvait interpeller les acteurs politiques et économiques de ce pays. Rien de moins … Modestement donc, je souhaite donc faire de ce blog une lettre ouverte à nos si empressés (électoralement) hommes politiques ou élus (même si j’en suis un maintenant), à nos si avertis fonctionnaires territoriaux, fiscaux et autres et à nos chers syndicats si peu représentatifs du patronat et des salariés. Je ne remets pas en cause l’existence du syndicalisme ni sa légitimité à défendre des droits à condition que la préservation de ces droits n’occultent pas les droits d’un autre groupe. Or en France, contrairement à beaucoup de pays anglo-saxons ou scandinaves, la concertation n’existe que dans l’opposition et si peu dans le dialogue. Chacun campe sur ses positions corporatistes, syndicales, identitaires, politiques, religieuses et la société française se retrouve bloquée. Ce qui empêche toute velléité de changement ou de réforme.

Ces blocages se retrouvent aussi à différents niveaux de la création d’entreprise, qui de mon point de vue aurait besoin de profondes réformes.

Qu’on ne voit pas en moi non plus un chantre du capitalisme, j’ai toujours estimé que le but de l’entreprise n’est pas de capitaliser ni de spéculer, c’est le rôle des banques – encore que- mais de participer à la cohésion sociale au même titre que la famille par exemple, mais dans le monde du travail. Il est évident que l’entreprise doit gagner de l’argent sous peine de disparition prématurée, elle doit dégager des bénéfices pour pouvoir investir et progresser dans son offre, mais les bénéfices doivent aussi participer dans la mesure du possible à des recrutements nouveaux et à l’évolution de carrière des personnels et des dirigeants de l’entreprise. Quitte à passer pour un idéaliste, l’entreprise doit être le lieu d’une certaine forme d’épanouissement personnel pour tout le monde : les salariés et le dirigeant. Et la péréquation est souvent impossible à obtenir par le chef d’entreprise entre toutes les contraintes juridiques, administratives, financières, sociales, et familiales.

Je défends donc une certaine idée de l’entreprise comme on le lira.

Dernier point, il ne s’agit pas non plus d’un éloge du « patronat », d’un livre dédié à la gloire du capitalisme cynique et imbécile, ni un flanc prêté docilement à la voracité de l’Administration. Toute récupération est inutile.

Il s’agit d’un discours anti-politicien, bien que mes prises de position tout au long de ce blog constituent un acte politique au sens originel, c’est à dire qui concerne la vie de la « cité » donc de la société.

 

 

 

 

 

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